Une pilule pour les victimes d’attentats traumatisées

Une pilule pour les victimes d’attentats traumatisées

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Pilules victimes attentatsÀ la suite des attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan, un chercheur canadien, le Professeur Brunet, a imaginé une nouvelle méthode de prise en charge des victimes traumatisées. Son idée ? Associer un traitement médicamenteux à un suivi psychothérapique. Convaincue par l’intérêt de cette méthode, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a entrepris un essai clinique intitulé « Paris Mémoire Vive (Paris MEM) ». Toutes les personnes touchées par les attentats de 2015 et 2016 sont invitées à y participer.

Un traitement pour toutes les victimes d’attentats

Cette étude unique au monde a pour objectif d’accompagner toutes les personnes qui ressentent des difficultés post-traumatiques suite aux attentats. Il peut s’agir des victimes bien entendu, mais aussi de leurs proches ou des professionnels présents au moment des drames (policiers, pompiers, journalistes, …).

Coordonné par le Pr Millet, psychiatre à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, AP-HP et le Pr Brunet, spécialiste du traumatisme à l’Université McGill de Montréal, cet essai clinique s’appuie sur une prise en charge innovante dite de « blocage de la reconsolidation mnésique » et une prise en charge habituelle pour les victimes ne souhaitant pas avoir recours à cette nouvelle méthode.

La prise en charge de « blocage de la reconsolidation mnésique » consiste à proposer aux patients un médicament (le propanolol) qui atténue la force émotionnelle d’un souvenir. La prise de ce médicament est alors immédiatement suivie d’une séance de psychothérapie durant laquelle la victime est amenée à se remémorer ses souvenirs douleurs. Durant 8 semaines, le patient est invité à suivre ce même rituel à raison d’une séance d’une heure par semaine.

Paris MEM : des premiers résultats encourageants

Les premiers résultats de ces séances sont encourageants : « Ça marche ! » a déclaré au magazine Le Point le Pr Brunet. « Le propanolol bloque la reconsolidation du souvenir. La force émotionnelle du souvenir traumatique s’atténue (…) les symptômes du stress post-traumatique, insomnies, cauchemars, irritabilité, peur, etc., baissent. Le propanolol endommage le souvenir quasi mécaniquement et l’atténue quand on demande au patient de le réactiver. Le souvenir, c’est comme un fichier informatique et le propanolol altère ce fichier » explique-t-il.

Malgré la diffusion de ces premiers résultats, l’étude est toujours en cours : « Nous recherchons toujours de nouveaux volontaires » ajoute le Pr Brunet.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris.

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