Sida : une campagne de prévention censurée

Sida : une campagne de prévention censurée

247
0
<<<
>>>
campagne-sida-homosexualite
Affiche campagne gouvernementale – Facebook sexosafe

Bruno Beschizza, maire d’Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, souhaite faire interdire dans sa commune les affiches de prévention publique contre le Sida destinées aux personnes homosexuelles. Selon lui, ce dispositif n’adresse pas le bon message, notamment aux plus jeunes.

Un message qui passe mal

Sur ces affiches, qui font partie de la campagne mise en place par le gouvernement pour lutter contre les maladies sexuellement transmissibles, des couples s’enlacent, avec pour slogan « Coup de foudre, coup d’essai, coup d’un soir » ou encore « Les situations varient. Les modes de protection aussi ».

Un message qui, visiblement, ne passe pas pour le maire d’Aulnay-sous-Bois : « Quand on met des messages subliminaux d’une aventure d’une nuit, d’accouplement sans parler d’amour de manière aussi lapidaire, sur un abribus sans contextualiser, j’imagine un enfant de cinq ans qui sans libre-arbitre peut avoir une certaine confusion dans l’esprit », a-t-il confié à BFM Paris.

Il a ainsi décidé de, soit faire interdire l’affichage de ces visuels dans sa commune par un arrêté municipal, soit les barrer d’un texte sur fond jaune indiquant « Protégeons nos enfants. Affiches interdites sur le territoire de la commune d’Aulnay-sous-Bois, en vertu de l’arrêté du Maire n°2016-403 pour la protection de l’enfance ». Ce dispositif permettrait de laisser les affiches, sans pour autant les montrer, et pour la commune, de tirer profit de la situation grâce à un coup de communication.

Le même jour, le maire d’Angers a, lui aussi, demandé le retrait des affiches dans sa ville et a réussi à les faire retirer.

Une campagne soutenue par la ministre de la Santé

Des décisions considérées comme un signe de rejet par les homosexuels et qui risquent de ne pas plaire aux associations de lutte contre l’homophobie.

Les ministres de la Santé, Marisol Touraine, et des Familles, Laurence Rossignol, quant à elles, apportent leur soutien à la campagne. Marisol Touraine a d’ailleurs tweeté « Le sida n’est ni raciste, ni homophobe lui »  face aux réactions violentes suscitées par cette campagne sur les réseaux sociaux.

Edit du 23/11/16 :

Marisol Touraine saisit la justice pour censure

Les arrêtés municipaux, dont les derniers en date, celui d’Aunay-sous-Bois et celui d’Angers, ont censuré la campagne du gouvernement dans une dizaine de villes en France.

Face à cette situation, la Ministre de la santé a annoncé, mardi 22 novembre en début d’après midi sur Twitter, avoir saisi la justice administrative pour contester cette censure.

De son côté, l’Union Ardennais a décidé de publier dans son journal les commentaires homophobes reçus suite à la parution de leurs articles sur cette campagne. Ils ont ainsi compilé les propos, noms de compte et photos de profil des personnes ayant réagi aux publications sur les affiches de prévention !

Laissez votre commentaire