Privée de funérailles par son pacemaker

Privée de funérailles par son pacemaker

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Funerailles pacemakerDepuis dix jours, toute une famille ne parvient pas à faire son deuil. Et pour cause : elle est dans l’impossibilité d’organiser les obsèques d’une proche, à cause du pacemaker dernière génération de cette dernière.

La défunte, une habitante du Cher de 81 ans, portait en effet, depuis le 25 octobre, un pacemaker Medtronic Micra, de la taille d’une gélule et fixé à l’intérieur de son cœur. Un pacemaker dernier cri autorisé par la Haute Autorité de Santé quelques jours seulement avant l’opération.

Le progrès technique plus rapide que la loi

Le 22 novembre, lorsque la patiente décède à son domicile, le médecin du Samu, chargé de constater le décès, a indiqué la présence de ce pacemaker dans son rapport. La loi stipule que cette attestation est obligatoire pour une inhumation (afin d’éviter toute pollution par le lithium des piles) ou une crémation (pour éviter l’explosion des piles). Un corps ne peut alors être mis en bière que s’il est dépourvu de pacemaker. Or, dans ce cas, le fabriquant du pacemaker, Medtronic, affirme qu’il est recommandé que le Micra TPS ne soit pas retiré avant l’incinération ou l’inhumation, puisqu’il est compatible avec ces deux techniques funéraires. La Haute Autorité de Santé l’a d’ailleurs autorisé en connaissant ce paramètre.

La technologie a donc été plus rapide que la loi : le groupe OGF, qui gère le crématorium de Bourges (dans lequel la défunte devait être incinérée) refuse de procéder à la crémation si le pacemaker n’est pas retiré, conformément à la loi française.

Retirer le pacemaker semble être aussi un problème : seuls un médecin ou un thanatopracteur peuvent effectuer cette opération. Le thanatopracteur a refusé en indiquant qu’enlever un pacemaker dans un cœur dépassait sa compétence. Le chirurgien, qui avait placé le pacemaker, a été prévenu trop tard et ne peut plus intervenir. Un médecin légiste aurait été en mesure d’effectuer l’opération, mais le procureur de Bourges a refusé : la mort n’étant pas suspecte.

La famille reste donc dans l’attente d’une décision. Le corps de leur proche repose toujours en maison funéraire.

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