Pollution : la circulation alternée efficace ?

Pollution : la circulation alternée efficace ?

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Paris pollution circulation alternéeParis aura vécu, ce mardi et pour la quatrième fois, au rythme de la circulation alternée. Les véhicules aux plaques impaires ont été immobilisés toute la journée à Paris et dans 22 communes de la petite couronne. Une mesure reconduite aujourd’hui. Cette fois, ce sont les véhicules impairs qui ont pu prendre la route. Ce dispositif radical a pour objectif de réduire la pollution. Mais est-ce vraiment efficace ?

Une mesure aléatoire et limitée

La circulation alternée ne cible pas les véhicules les plus polluants puisque l’interdiction de circuler en fonction des plaques est aléatoire. Une erreur selon le rapport d’information parlementaire sur « l’évaluation des politiques de lutte contre la pollution de l’air ». D’après ce rapport de mai dernier, la mesure n’a « qu’un impact limité sur le niveau de la pollution, la baisse des émissions venant uniquement à proportion de la diminution du nombre de voitures en circulation ». En outre, le principe aléatoire de la mesure « réduit les marges de manœuvre des autorités préfectorales désireuses de limiter les dérogations accordées à certains véhicules lourds ou utilitaires et ne constitue pas un levier pour la promotion des véhicules les moins polluants ».

Lors de la mise en place de la circulation alternée en 2014, Paris enregistrait seulement 18 % du trafic en moins alors qu’il aurait dû être réduit moitié. La faute aux nombreuses exceptions (voitures de police, de la SNCF, la RATP, des journalistes, de celles pratiquant le covoiturage, …) mais aussi aux fraudes.

La situation est difficile à accepter pour les Franciliens qui ne voient pas de résultats à la hauteur de leurs efforts. D’autant que cette année, ils ne semblent pas pouvoir compter sur les transports en commun : ce mardi 6 décembre, le RER B, qui accueille 900 000 voyageurs par jour, est tombé en panne au pire moment.

Un choix coûteux

La circulation alternée est en outre particulièrement coûteuse à mettre en œuvre. À chaque fois, le dispositif mobilise de nombreux fonctionnaires, nécessaires à effectuer les contrôles. En 2015, 1 000 fonctionnaires ont ainsi été mobilisés pour intercepter les véhicules.

En outre, cette mesure implique la gratuité des transports en commun, ce qui représente un coût de l’ordre de 10 millions d’euros par jour selon le syndicat des transports de la région (STIF).

Un dispositif bientôt remplacé par des vignettes

La suppression de cette mesure, dès 2017, suffit à prouver ses limites. En effet, dès le début d’année prochaine, la circulation alternée va être remplacée par un système de vignettes en fonction de l’ancienneté des véhicules. Les six vignettes Crit’Air, à coller sur le pare-brise des véhicules ou la fourche des motos pour identifier les engins en fonction de leur niveau de pollution, seront obligatoires à Paris à partir du lundi 16 janvier. Elles permettront aux pouvoirs publics de décider, en fonction de l’intensité de la pollution, d’interdire la circulation aux véhicules les plus polluants.

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