Marisol Touraine : les vaccins bientôt obligatoires ?

Marisol Touraine : les vaccins bientôt obligatoires ?

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vaccins obligatoiresLes Français sont de plus en plus méfiants envers les vaccins : 41 % d’entre eux déclarent douter de leur sécurité. Une situation qui engendre une baisse de la couverture vaccinale.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a ainsi demandé, en janvier 2016, la mise en place d’une concertation citoyenne.

Ce débat public a été confié à un comité indépendant de seize personnes représentant la société civile, des professionnels de santé, des chercheurs en sciences humaines et sociales. Il aura fallu six mois de débat, deux jurys (l’un de citoyens, l’autre de professionnels de santé) et deux enquêtes d’opinion pour que le comité rende finalement son rapport, ce mercredi.

Les vaccins « recommandés » deviennent « obligatoires »

En France, seuls trois vaccins sont actuellement obligatoires : ceux contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Le comité demande un élargissement temporaire de l’obligation vaccinale. Il s’agit donc de rendre obligatoires les vaccins qui sont actuellement « recommandés ». Ils sont au nombre de 8 : les vaccins contre la coqueluche, les virus de l’hépatite B, de la rougeole, des oreillons, de la rubéole, la bactérie Haemophilus influenzae, le pneumocoque et le méningocoque C. Cette mesure vise à rétablir la confiance et augmenter la couverture vaccinale à tous les âges de la vie.

L’ensemble de ces vaccins sera alors pris en charge par l’assurance maladie. Le coût d’une telle mesure est estimé entre 110 et 120 millions €/an.

Une clause d’exemption limitée

Le comité recommande une clause d’exemption pour les personnes ne souhaitant pas se faire vacciner. Les parents ne souhaitant pas faire vacciner leur enfant pourront invoquer cette clause pour un ou plusieurs de ces vaccins, par un écrit indiquant leurs convictions.

Une « liberté » qui ne l’est qu’en apparence : dans le cas où celle-ci serait trop utilisée, elle sera supprimée. En outre, les enfants non-vaccinés pourront se voir refuser l’accès à certaines collectivités (crèches, gardes collectives, écoles, …), le contrôle étant assuré lors de l’inscription. Si cela ne suffisait pas à freiner les plus réticents, les parents souhaitant malgré tout ne pas faire vacciner leur enfant devront alors assister à un entretien obligatoire avec un professionnel de santé leur exposant les conséquences d’une telle décision.

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Objectif : lever l’obligation à terme

L’objectif est, à terme, de lever cette obligation. D’après le comité, il s’agit du « meilleur compromis entre les impératifs de santé publique et l’acceptabilité par la population ».

Mais, ces mesures contradictoires ne risquent-elles pas de perdre la population et de favoriser, davantage encore, la méfiance ? Une possibilité envisageable tant la défiance, envers les vaccins mais aussi envers le gouvernement, est grande.

Des recommandations pour encourager la vaccination

Outre le statut obligatoire des vaccins, le comité propose la mise en place de plusieurs mesures destinées à encourager la vaccination.

Il préconise, par exemple, la création d’un site unique et connu afin de diffuser des informations vérifiées et de répondre en temps réel à des questions d’actualité.

Le comité encourage également la création d’un carnet de santé électronique. Une mesure qui devrait permettre à tous de connaître facilement son statut vaccinal.

Le rapport demande aussi de « recourir de nouveau à l’école comme lieu de vaccination », notamment pour vacciner contre le papillomavirus (HPV), en ayant recours à des personnels extérieurs, comme des infirmiers.

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