Les étudiants infirmiers à bout

Les étudiants infirmiers à bout

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etudiants-infirmiers-malaiseDepuis plusieurs mois, le malaise infirmier est palpable. Les manifestations de ce mal-être se multiplient et résonnent à travers le slogan #SoigneEtTaisToi. Une détresse qui ne semble pas s’appliquer qu’aux professionnels en exercice : les étudiants en soins infirmiers (ESI) seraient, eux aussi, épuisés et stressés.

D’après une enquête de la FNESI (Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers), le bilan de santé des étudiants infirmiers serait catastrophique. Des résultats alarmants qui révèlent une forte précarité et un besoin urgent d’agir.

Une précarité financière inquiétante

Premier constat inquiétant de cette enquête : les ESI peinent à subvenir à leurs besoins, encore davantage que le reste de la population étudiante toutes filières confondues. Ainsi, 48% d’entre eux estiment avoir une mauvaise santé financière et 76,5% pensent être obligés de travailler pour subvenir à leurs besoins financiers.

Une précarité qui se répercute inévitablement sur leur état de santé globale et leur bien-être. « Nombreux.ses sont celles/ceux ayant du faire l’impasse sur certains services par manque de moyens. Plus inquiétant encore le taux de renoncement aux services de santé. Ce sont, à l’heure actuelle, 37,6% des étudiant.e.s qui annoncent avoir déjà dû renoncer à des soins pour des raisons financières » a déclaré la FNESI dans un communiqué.

Une santé physique dégradée

Plus de la moitié des ESI estime d’ailleurs que leur état de santé physique s’est dégradé depuis leur entrée en formation. 18,8 % d’entre eux se déclarent ainsi en mauvaise, voire très mauvaise santé.

Plusieurs éléments sont imputables à cette dégradation, notamment l’activité sportive des étudiants, ainsi que leur qualité et quantité de sommeil. 40,5% des ESI admettent ne pas faire de sport et 66,3% estiment que leur quantité de sommeil est insuffisante ou très insuffisante.

Pour supporter les difficultés, nombre d’entre eux consomment des substances psychoactives, légales ou non.

Un mal-être psychologique installé

Outre la santé physique, les étudiants expriment aussi un mal-être général. Stress, crises d’angoisse, pensées suicidaires, … L’enquête dresse un bilan accablant de l’état de santé psychologique des étudiants. Ainsi, 61,8% d’entre eux se déclarent souvent ou tout le temps épuisés psychologiquement.

Pour illustrer ces résultats, la FNESI a récolté des témoignages d’étudiants qui vivent au quotidien ce malaise : « J’ai 20 ans, je devrais avoir la vie devant moi, me construire et j’ai l’impression de parfois me détruire, je sors actuellement d’un rendez-vous avec la directrice pour changer de lieu de stage, ce dernier m’ayant poussé jusqu’à la tentative de suicide » ou encore « Etudes épuisantes, le bien-être du patient est prôné mais le nôtre est oublié ».

Des perspectives d’évolution

Selon la FNESI, il est urgent d’agir pour améliorer cette situation étudiante. Elle préconise notamment la mise en place d’actions de prévention adaptées. D’après elle, un suivi pédagogique plus complet des étudiants, durant leur formation et leur stage, devrait permettre de répondre aux problématiques des ESI, à savoir la précarité et le mal-être.

Aussi, le FNESI tient à rappeler que cette enquête « révèle non seulement la souffrance des étudiant.e.s, mais aussi celle des professionnel.le.s au sein de services ». Il apparaît donc nécessaire de répondre au mal-être des infirmiers, afin que les jeunes puissent être formés dans les meilleures conditions possibles.

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