Hépatite C : le traitement élargi à tous les malades

Hépatite C : le traitement élargi à tous les malades

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Jusqu’à maintenant, seuls les patients ayant une infection chronique par le virus de l’hépatite C sévère ou modérée pouvaient accéder aux traitements par antiviraux d’action directe (ADD). Mais ce ne sera plus le cas : le Collège de la HAS (Haute Autorité de santé), a émis son avis favorable, ce lundi 12 décembre, pour que le traitement soit désormais accessible à tous les patients.

Des antiviraux efficaces

Les antiviraux d’action directe ont profondément modifié le traitement de cette infection et s’avèrent très efficaces dans son traitement. Mis sur le marché en 2014, ils étaient réservés en priorité aux malades les plus gravement atteints, au stade de fibrose hépatique F3 et F4, ainsi que les malades symptomatiques ou ayant des comorbidités. En juin dernier, la HAS avait déjà recommandé d’élargir le traitement aux malades au niveau de fibrose F2, à ceux susceptibles de transmettre le virus ainsi que lorsqu’ils étaient symptomatiques avec un stade de fibrose F0 ou F1. Avec ces nouvelles recommandations, la HAS va plus loin : elle souhaite rendre accessible le traitement à tous, y compris ceux ayant un niveau de fibrose F0 et F1 et qui ne présentent pas ou peu de symptômes.

Une prise en charge sous conditions

Traiter les personnes les moins atteintes (F0 ou F1 asymptomatiques) vise à ralentir l’évolution de la fibrose hépatique, à prévenir ses complications, à éviter les manifestations extra-hépatiques et limiter la transmission du virus. Cependant, traiter à un stade où les effets de la maladie ne se font pas ou peu sentir apporte des gains en termes de qualité de vie mais expose, comme pour les autres malades, à des effets indésirables et des risques de résistance. La prise en charge doit donc se faire sous plusieurs conditions.

Tout d’abord, le patient doit bénéficier d’une information détaillée sur la maladie, les traitements et leurs conséquences. Ceci doit lui permettre d’être associé de manière éclairée à la décision d’instauration du traitement qui le concerne.

La HAS recommande également que la prise en charge soit accompagnée d’un suivi clinique. Les données récoltées permettront alors de mesurer en conditions réelles d’utilisation l’efficacité et la tolérance de ces traitements et leur impact sur la réduction de la morbidité, de décrire leurs modalités d’utilisation, de mesurer les risques à long terme et d’évaluer les capacités de retraitement en cas de résistance.

Enfin, la HAS demande que les prix des traitements soient encadrés : l’élargissement du remboursement des traitements aux patients aux stades précoces de la maladie va, en effet, générer un surcoût. Elle souhaite que celui-ci soit maîtrisé par une baisse des prix afin de garantir une efficience identique et mieux connaître les gains en termes de qualité de vie.

Une nouvelle stratégie de dépistage

En parallèle, le Collège de la HAS entend réviser la stratégie de dépistage de l’hépatite C, jugeant la stratégie actuelle insuffisante. Dans les mois à venir, la HAS devrait donc proposer ses recommandations sur une nouvelle stratégie de dépistage de l’hépatite C.

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