Fécondation in vitro : trop d’abus ?

Fécondation in vitro : trop d’abus ?

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FIV abusAlors que la fertilité des Européens reste stable, ils sont de plus en plus nombreux à recourir à la fécondation in vitro pour tenter d’avoir un bébé. Ainsi, dans le monde, 5 millions de bébés seraient nés grâce à cette méthode de procréation médicalement assistée à la fin 2013. Cette évolution a inquiété une équipe de chercheurs européens qui a publié une étude sur le sujet dans l’European Journal of Obstetrics & Gynecology and Reproductive Biology.

« Le paradoxe européen »

Après avoir analysé des données provenant de divers travaux sur l’infertilité menés depuis 1950, les scientifiques ont constaté que l’utilisation de la FIV a considérablement augmenté depuis sa découverte en 1978. Leur explication ? De nombreux parents auraient eu recours à cette méthode sans en avoir réellement besoin.

Comment l’expliquer ?

D’après l’étude, relayée par le journal Le Point, cette hausse de l’utilisation de la FIV serait en partie due à l’intérêt financier que représente cette méthode. Les médecins et organismes privés surferaient ainsi sur les envies tardives de grossesse, les inquiétudes et les rumeurs pour « vendre » la FIV aux parents inquiets.

« Comme il est d’usage dans les affaires, l’offre et la promotion créent la demande, qui à son tour génère plus d’offres. Ce processus de commercialisation a probablement beaucoup contribué à la tendance à l’augmentation du recours à la FIV », considèrent les auteurs de l’étude.

Autre explication fournie par l’étude : la définition officielle de la fertilité a été modifiée par l’Organisation mondiale de la santé, sans raison apparente d’après les chercheurs. Ainsi, depuis 2008, le délai nécessaire avant de poser le diagnostic de la fertilité est d’un an, contre deux auparavant. Une durée plus courte qui aurait amené certains parents à consulter alors qu’ « environ la moitié des couples en échec de conception au bout d’un an y arriveront au cours de la 2ème année ».

Des risques pour la mère et l’enfant

Par rapport à une grossesse naturelle, la FIV n’est pourtant pas sans risque. La mère est plus exposée au risque de diabète gestationnel ou de pré-éclampsie. L’enfant risque lui de naître avec un plus petit poids et de souffrir de malformations congénitales.

Les chercheurs appellent à la patience, afin de s’offrir toutes les chances de concevoir naturellement …

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