Dépakote et Dépamide interdits aux femmes enceintes bipolaires

Dépakote et Dépamide interdits aux femmes enceintes bipolaires

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Depakine Depamide interdiction grossesseL’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) a décidé, ce jeudi 6 juillet, d’interdire aux femmes enceintes les médicaments à base de valproate, produits par le laboratoire Sanofi. La mesure, publiée dans un communiqué, sera effective le 7 juillet.

A quoi servent ces médicaments ?

Ils sont utilisés en psychiatrie pour les personnes souffrant de troubles bipolaires.

Pourquoi ? Il y a un risque de malformations et de troubles du développement chez les bébés exposés. « Les enfants exposés in utero au valproate présentent dans 30 à 40% des cas un risque de troubles graves du développement ou du comportement et/ou, dans plus de 10% des cas, un risque de malformations congénitales », justifie l’ANSM.

Un pictogramme à venir

Sur les médicaments concernés, figurera la mention « Dépakote » ou bien « Dépamide + grossesse = interdit », ainsi que le pictogramme indiquant que ce médicament est interdit aux femmes enceintes. A cela s’ajoutera la mention « Ne pas utiliser chez les femmes en âge de procréer et sans contraception efficace, ou enceintes ».

Un test de grossesse avant le traitement

Pour les femmes bipolaires en âge de procréer, un test de grossesse sera obligatoire avant le début de tout traitement à base de valproate. Ce dernier ne pourra d’ailleurs être prescrit qu’en dernier recours, en cas d’échec d’autres solutions.

L’ANSM demande aux femmes bipolaires en âge de procréer de consulter leur médecin afin de trouver une éventuelle alternative. Celles déjà en cours de grossesse sont appelées à consulter d’urgence.

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Le fantôme de la Dépakine

Un autre médicament à base de valproate, la Dépakine, est prescrit pour soigner l’épilepsie. Depuis décembre 2016, une action de groupe a été lancée contre le laboratoire Sanofi. Ces familles vont tenter de faire reconnaître la responsabilité du laboratoire dans les malformations et troubles de leurs enfants nés sous Dépakine.

Le médicament a provoqué depuis 1967 des malformations congénitales graves chez 2 150 à 4 100 enfants dont les mères avaient pris ces traitements lorsqu’elles étaient enceintes.

L’État a reconnu qu’entre 2007 et 2014, 14 000 femmes enceintes avaient été traitées avec ce médicament, malgré les risques déjà connus de malformations pour le fœtus depuis les années 1970.

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