Cancer : notre microbiote influence les traitements

Cancer : notre microbiote influence les traitements

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microbiote cancer

Dans nos intestins vivent près de 100 000 milliards de micro-organismes (bactéries, virus, parasites, champignons) : c’est ce qu’on appelle le microbiote. D’après une équipe de chercheurs français de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, de l’Institut Gustave Roussy et de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), il serait en partie responsable de l’efficacité, ou non, de certains traitements anti-cancer. Explications.

Une efficacité aléatoire des traitements

Nous ne sommes pas tous égaux face aux traitements anti-cancer. Les scientifiques, à l’origine de l’étude, ont constaté que les patients qui réagissaient le mieux à l’ipilimumab, une molécule utilisée pour combattre certains cancers, présentaient souvent des problèmes d’inflammation de l’intestin. Grâce à ce constat, ils ont eu l’idée d’explorer la piste de l’influence de la flore intestinale sur l’efficacité des traitements.

Le microbiote d’un patient peut favoriser sa réponse immunitaire

L’équipe de chercheurs a alors analysé la flore intestinale de 26 patients atteints d’un mélanome à un stade avancé et traités grâce à la molécule ipilimumab, rapporte France tv info. Cette molécule, qui s’attaque aux tumeurs en stimulant le système immunitaire du patient, est utilisée dans de nombreux traitements contre le cancer. Elle est efficace, mais néanmoins très coûteuse, responsable d’effets indésirables sévères et bénéfique pour seulement 20 à 25 % des malades.

Grâce à leur analyse, l’équipe de scientifiques a constaté qu’il existe « une composition du microbiote qui favorise la réponse immunitaire à l’ipilimumab, et qui confère au patient une meilleure efficacité de leur traitement » explique Franck Carbonnel, chef du service de gastro-entérologie à l’hôpital Bicêtre (AP-HP) et co-auteur de l’étude.

Quels intérêts ?

Pour les chercheurs, connaître l’état de la flore intestinale d’un patient, grâce à une simple analyse des selles, permettrait de prévoir à l’avance sa réponse immunitaire à un traitement. L’objectif : apporter une évaluation plus précise du rapport bénéfices / risques et repérer plus rapidement les patients éligibles.

Pour les patients présentant un microbiote inadéquat, les auteurs de l’étude estiment qu’il existe différentes stratégies pour modifier la flore intestinale. Il peut s’agir, par exemple, de traitements antibiotiques ou d’une cure de prébiotiques.

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