Cancer du sein : où en est la médecine ?

Cancer du sein : où en est la médecine ?

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Recherches cancer du seinLe cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme : près d’une femme sur 8 le développera au cours de sa vie. Ces dernières années, la médecine a fait de nombreux progrès afin de permettre une meilleure évaluation des risques ainsi qu’un dépistage et des traitements plus personnalisés. Retour sur les principaux changements.

Une modification du processus de dépistage

Le processus de dépistage est en pleine mutation. En Allemagne, depuis 2006, des femmes aveugles sont formées à détecter les tumeurs au sein. Du fait de leur cécité, leurs autres sens sont plus développés : cela leur permet de détecter des tumeurs de 5 mm, quand un praticien peut les dépister jusqu’à 10 mm. Une technique peu commune qui a fait ces preuves et qui pourrait se développer dans les années à venir.

Autre méthode toute aussi surprenante : des bergers malinois, habitués à détecter la présence de stupéfiants, sont entraînés à reconnaître l’odeur de la tumeur au sein. Non invasive et peu coûteuse, cette nouvelle méthode pourrait révolutionner le dépistage de la maladie. Un projet soutenu et financé par l’Institut Curie.

Aussi, une grande découverte au niveau des cellules et de leurs altérations pourrait bousculer les méthodes actuellement utilisées. En effet, les cancers sont liés à la mutation de cellules au départ saines qui deviennent anormales suite à l’accumulation d’altérations dans leur patrimoine génétique (ADN). Connaître et être capable de repérer ces altérations, nombreuses dans le cas d’un cancer du sein, serait alors une nouvelle méthode de dépistage et permettrait de proposer un traitement plus ciblé.

Une analyse génétique pour identifier la pertinence de la chimiothérapie

Les établissements de santé publics et privés donnent désormais accès au test Oncotype DX aux femmes qui présentent un cancer du sein invasif de stade précoce. Ce test permet d’évaluer la dangerosité d’une tumeur et ainsi d’identifier la nécessité d’une chimiothérapie. En effet, dans certains cas, les chimiothérapies n’apportent pas de bénéfices au patient, alors qu’elles s’accompagnent d’importants effets secondaires. Ainsi, le test analyse le niveau d’expression de 21 gènes spécifiques dans un échantillon tumoral et indique un score de récidive que les médecins utilisent pour une décision thérapeutique éclairée.

Une prise de sang pour évaluer le risque de séquelles des rayons

Des chercheurs montpelliérains ont envisagé un test capable de définir le risque de fibrose du sein lié à la radiothérapie. Pour cela, un prélèvement sanguin, envoyé à un laboratoire, est soumis à un rayonnement. Ce test permet d’évaluer le nombre de cellules réagissant aux radiations. Cette méthode permettrait alors d’envisager des modalités de radiothérapie particulières lorsque le risque de fibrose est élevé. Le test est actuellement à l’essai au centre de radiothérapie de Montpellier.

Un traitement hormonal plus long

Selon une étude présentée au congrès de l’ASCO (congrès international de cancérologie), une hormonothérapie de dix ans (au lieu de cinq) présenterait moins de risques de rechute pour les femmes dont le cancer a été traité à un stade précoce. Des avancées qui donnent de l’espoir aux malades et à leur famille.

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